Défaut de compétences ou incompétence ? Derrière la polémique, l’urgence d’une vraie politique RH

En réponse au tract distribué par un syndicat piloté par des agents très proches de la majorité, nous tenons à apporter quelques précisions.

Tout d’abord, le texte exact prononcé en séance par Olivier Mauffrey, facilement vérifiable sur le site de la Mairie (retransmission du conseil municipal), est le suivant :

« L’entre-soi et le clientélisme lors des recrutements depuis plusieurs mandats, pratiques que nous avons dénoncées durant la campagne, ont insidieusement provoqué une succession de défauts de compétences qui, ajoutés les uns aux autres, mènent aujourd’hui au constat révélé par cette proposition de budget approximatif ».

Nous ne changeons pas un mot de ce qui est écrit et a été dit.

Nous regrettons que le Maire ait, dans un premier temps, interprété notre intervention comme une accusation d’incompétence des agents. Nous ne pouvons reprocher à des agents de ne pas avoir des compétences pour lesquelles ils n’ont pas été recrutés.

En revanche, nous reprochons aux anciens élus et responsables (depuis plus de 25 ans) d’avoir recruté certains agents pour leur réseau et leur soumission politique, au détriment des compétences nécessaires au bon fonctionnement de la commune. Plus encore, nous le dénonçons.

Comment penser que cette mairie fonctionne correctement lorsque l’on constate :

  • un turn-over important,
  • un taux élevé de sanctions lourdes (2 radiations récentes de la fonction publique) pour harcèlement et exhibition,
  • des malversations,
  • et deux drames individuels majeurs.

Des drames mal accompagnés par les élus : concernant les affaires de harcèlement, la Ville ne s’est même pas portée devant les tribunaux pour accompagner l’agent concerné. Elle a prononcé 3 jours de mise à pied, quand le tribunal a jugé qu’une sanction de 9 mois de prison avec sursis était adaptée, avant que le conseil de discipline ne prononce la radiation du cadre concerné.

Trop de départs lors du dernier mandat :

  • La directrice du pôle ressources/finance/personnel, ayant subi des pressions telles que le médecin a prononcé 20 % d’ITT
  • Le directeur des services techniques
  • Le responsable des bâtiments
  • Deux directrices périscolaires
  • La responsable du secteur scolaire
  • Le responsable des marchés publics et son adjoint

 

Et toujours la même technique : cacher la poussière sous le tapis, ne pas accompagner les agents en souffrance et continuer à protéger les fautifs ; avec toujours la sempiternelle excuse entendue à chaque conseil :

« Nous avons toujours fait comme ça »

 

Quand les agents partis vont-ils être remplacés pour que l’administration puisse travailler sans pression ?

Où était ce syndicat quand les agents en avaient réellement besoin ?

 

Concernant ce tract, il faut aussi savoir lire certaines vérités :

  • Le « clientélisme », dont ont certainement profité les auteurs de ce tract (minoritaires au sein de la commune). Pire, certains ont témoigné en faveur du harceleur et des fauteurs de trouble. Le jugement concerné, ainsi que le témoignage d’une ancienne cadre, sont disponibles et peuvent être communiqués.
  • Les « audits » que nous réclamons, indépendants et nécessaires, notamment financiers et sur les bonnes pratiques.
  • L’« amalgame » entre “incompétence des agents” et “défaut de compétences lié à des postes non pourvus”, confusion volontairement entretenue par l’ancien système, au détriment des Léognanaises et des Léognanais.
  • Une « opposition experte » : cela saute aux yeux de tous les spectateurs des conseils municipaux. Comment penser qu’une élue ayant dirigé pendant 25 ans une administration de plus de 600 personnes ne soit pas légitime à affirmer qu’il est temps de changer de méthode ?
  • « Les agents ne sont pas le problème, ils sont la solution ». Nous refusons qu’ils servent de paravent moral. Les agents municipaux méritent respect, protection et conditions de travail dignes. C’est ce que nous défendons depuis le début, notamment Kitterie Ancèle, dans son discours du 19 mars 2026.
  • « Respect pour nos agents », en leur permettant de travailler sereinement dans un environnement sain et sans pression.
  • « Le service public n’est pas un accessoire électoral », contrairement à certains agents ayant soutenu publiquement la campagne du nouveau Maire, ce qui interroge sur le respect du devoir de réserve.

En résumé, ce nouvel événement illustre — mieux que ce tract — et justifie une fois de plus notre demande récurrente :

La création d’une véritable commission RH, dont la mission première sera de garantir que chaque besoin de la commune dispose des moyens adaptés.

Lorsque l’on sait que les charges de personnel (8 millions d’euros) représentent 60 % du budget de fonctionnement, nous ne comprenons pas l’obstination du Maire à refuser cette création, surtout lorsqu’il revendique vouloir travailler « en toute transparence ».

En réalité, ce tract ne nous apprend rien sur l’opposition.
Il met en lumière l’incapacité à s’émanciper de l’ancien système, à rompre avec les pratiques passées, et à restaurer la sérénité dans une administration qui le mérite.

Il est toujours plus facile d’accuser l’opposition que de résoudre les problèmes internes.

 

Qui peut sérieusement croire que trois élus de l’opposition seraient responsables, en un mois, du mal-être de toute une administration ?