Communication municipale :
l’information publique doit être accessible à tous

Communication municipale : une information dispersée, inégale et peu accessible

Depuis plusieurs années, la communication de la Ville souffre d’un manque de cohérence et de fiabilité. Le problème n’est pas nouveau, et il touche aussi bien les supports papier que les outils numériques.

Le magazine municipal, par exemple, est distribué de manière aléatoire. Certaines rues le reçoivent, d’autres non, ou pas systématiquement. Plusieurs administrés nous ont fait part du fait que cette situation perdurait en ce début de mandat.

La lettre d’information « En toute transparence » d’avril 2026 n’a pas été distribuée dans toutes les boîtes aux lettres, tandis que certains foyers l’ont reçue en double.

On pourrait espérer que les outils numériques permettent au moins de compenser ces défauts de distribution, en signalant clairement l’existence de ces documents et en proposant leur téléchargement.

Mais là encore, la situation reste confuse.

Certaines informations sont publiées sur l’application Illiwap, d’autres uniquement sur la page Facebook officielle de la Ville. Cette semaine encore, l’information concernant la présence du cirque à Léognan n’a été diffusée que sur Facebook.

Plus problématique encore : certaines annonces semblent circuler uniquement par des canaux officieux, notamment des groupes Facebook non gérés par la commune, qu’il s’agisse de concours photos ou d’activités proposées par le Conseil Municipal des Jeunes.

Cette dispersion de l’information pose un vrai problème démocratique.

Une communication municipale ne peut pas dépendre du hasard d’une distribution papier, ni du fait qu’un habitant soit inscrit ou non sur Facebook. L’information publique doit être claire, centralisée, vérifiable et accessible à tous les administrés, sans obligation de passer par des plateformes privées.

Nous savons qu’une nouvelle application municipale est annoncée. Nous espérons qu’elle permettra, à terme, de mieux centraliser les informations communales.

Mais en attendant, le collectif citoyen demande à Monsieur le Maire de prendre dès maintenant un engagement simple : toute information municipale importante doit prioritairement être diffusée sur un canal officiel, accessible et clairement identifié.

À ce titre, Illiwap doit devenir le point d’entrée prioritaire de l’information municipale, au moins dans cette période transitoire.

Les publications Facebook peuvent compléter l’information, mais elles ne doivent pas s’y substituer. Les groupes privés ou officieux, eux, ne peuvent en aucun cas devenir des relais principaux de la communication communale.

Monsieur le Maire affirme dans sa dernière lettre vouloir protéger Léognan des désordres du monde. Parmi ces désordres, il y a aussi la dépendance croissante aux grands acteurs du numérique américain.

Localement, nous pouvons faire un choix simple : affirmer une forme de souveraineté numérique communale et ne pas contraindre les habitants à s’inscrire sur les outils issus des GAFAM pour accéder aux informations de leur propre ville.

Une commune doit parler à tous ses habitants, pas seulement à ceux qui suivent la bonne page Facebook, appartiennent au bon groupe ou habitent dans la bonne rue.

Nous invitons donc la municipalité à soigner sa communication, à la rendre plus rigoureuse, plus lisible et plus équitable.

Il ne s’agit pas d’une question secondaire : bien informer les habitants, c’est respecter leur droit à comprendre, à participer et à faire vivre la démocratie locale.

Transparence des actes publics : informer ne suffit pas, publier est une obligation

Ce manque de rigueur dans l’information générale devient encore plus préoccupant lorsqu’il concerne les actes officiels de la commune.

Car il ne s’agit plus seulement d’annoncer un événement, une animation ou une actualité municipale. Il s’agit de permettre aux habitants d’accéder aux décisions prises en leur nom.

Sur ce point, il faut d’abord reconnaître une avancée utile : la mairie de Léognan publie régulièrement les captations vidéo du conseil municipal. C’est une bonne pratique.

Elle permet aux habitants de revoir les séances, d’entendre les interventions et de se faire leur propre opinion sur la manière dont les décisions sont débattues. Dans une démocratie locale vivante, cette possibilité compte.

Mais la vidéo ne peut pas tenir lieu, à elle seule, de politique de transparence.

Elle permet de voir le débat, mais elle ne remplace pas la publication claire, régulière et facilement accessible des documents publics essentiels :

  • L’ordre du jour
  • La liste des délibérations examinées
  • Les délibérations adoptées
  • Les décisions du maire prises par délégation
  • Les arrêtés municipaux de portée générale

La transparence commence avant même la séance. L’ordre du jour n’est pas un document secondaire. Il indique ce qui va être examiné, discuté et voté.

Après la séance, l’obligation est encore plus explicite. La liste des délibérations examinées doit être affichée en mairie et mise en ligne sur le site internet de la commune dans un délai d’une semaine (article L.2121-25 du CGCT).

Ce n’est pas une faveur.
Ce n’est pas une option.
C’est une obligation.

Les habitants doivent pouvoir savoir rapidement ce qui a été examiné, adopté ou rejeté par leurs élus, sans devoir attendre plusieurs semaines ni chercher l’information au hasard des rubriques du site municipal.

Le procès-verbal du conseil municipal doit également être publié. Une fois arrêté, il doit être mis en ligne sur le site internet de la commune dans la semaine qui suit la séance au cours de laquelle il a été arrêté (article L.2121-15 du CGCT).

Ce document n’est pas une simple formalité administrative. Il doit permettre de retrouver :

  • la teneur des discussions
  • les délibérations adoptées
  • le résultat des scrutins

Il donne donc aux habitants les moyens de comprendre non seulement ce qui a été décidé, mais aussi comment cela a été débattu.

Les actes réglementaires et les décisions à portée générale doivent aussi être publiés sous forme électronique (article L.2131-1 du CGCT).

Cela concerne notamment :

  • tarifs municipaux
  • règlements
  • organisation des services
  • arrêtés de circulation ou de stationnement
  • occupation du domaine public

Cette exigence concerne également les décisions du maire prises par délégation du conseil municipal (articles L.2122-22 et L.2122-23 du CGCT).

Dès lors qu’elles ont une portée générale ou non individuelle, elles doivent être portées à la connaissance du public dans les formes prévues par la loi.

C’est ici que la situation léognanaise doit progresser.

La publication des vidéos montre que la commune sait utiliser les outils numériques lorsqu’elle le décide. Mais cette bonne pratique ne doit pas masquer les irrégularités constatées dans la publication de l’ordre du jour, de la liste des délibérations examinées ou des décisions du maire.

La transparence ne doit pas dépendre des habitudes du moment, de la vigilance des habitants ou de la bonne volonté de l’exécutif municipal.

Elle doit être organisée, stable et vérifiable.

Léognan n’a pas à réinventer l’eau chaude. La commune appartient à une intercommunalité membre de Gironde Numérique, dont le catalogue inclut un module de publication des actes administratifs et l’open data des délibérations.

D’autres collectivités proches, comme Martillac ou la Communauté de communes de Montesquieu, utilisent déjà ce type de solution.

Léognan pourrait donc s’en saisir très simplement.

L’intérêt est évident : une fois le processus organisé, la publication devient une procédure normale. Elle ne dépend plus du bon vouloir politique du moment ni d’une rigueur administrative variable selon les périodes.

C’est précisément ce qu’on est en droit d’attendre d’une commune moderne : non pas une transparence occasionnelle, mais une transparence structurée, régulière et accessible à tous.