Comment juger de la bonne santé d’une démocratie ?
Est-ce le taux de participation dans les urnes ?
La diversité de l’offre politique ?
La participation citoyenne est-elle à observer ?
Je propose de nous intéresser à un autre marqueur, très révélateur : les contre-pouvoirs.
Qu’est-ce qu’un contre-pouvoir ?
Les contre-pouvoirs sont toutes les organisations qui discutent, proposent, agissent, ou encore dénoncent les activités de l’autorité en place.
Cela peut sembler freiner l’administration et ses projets, entraver le mandat démocratiquement attribué aux élus.
Mais remarquons que ces contre-pouvoirs sont les premières choses torpillées par les fausses démocraties et tous les pouvoirs autoritaires en général :
les opposants politiques sont muselés,
un parti unique est mis en place,
une parole unique s’impose,
les droits de réunion des citoyens sont retirés,
les médias sont censurés ou contrôlés.
Toute voix non conforme au pouvoir est systématiquement tuée.
La vitalité d’une démocratie
À l’inverse, une démocratie vivante soutient :
la libre expression, citoyenne ou en réunion,
l’accès à l’information vraie,
la pérennité des entités et des structures qui défendent l’intérêt général, ou qui participent simplement à la vie quotidienne, sans contrepartie.
Quelques exemples concrets
✅ Les administrations qui subventionnent des associations dans des domaines variés : démocratie vivante
❌ Le département du Rhône qui retire 80.000 € de subvention à 3 associations environnementales ayant interpellé des municipalités locales (Avril 2025) : dérive autoritaire
✅ Un gouvernement qui soutient économiquement les médias et la libre expression : démocratie vivante
❌ La mainmise des médias par quelques milliardaires, qui filtrent et détournent les lignes éditoriales : dérive autoritaire
✅ Créer un espace en ligne de partage et d’expression politique sain, encadré, sourcé, exigeant : démocratie vivante !
Réseaux sociaux et manipulation politique
Malheureusement, nous sommes parfois aux antipodes de cette vision.
Le projet de la page Léognan politique illustre une politique de cour d’école, une politique des égos, une politique de la manipulation (parti-pris, faux comptes, demi-vérités, etc).
Les réseaux sociaux ont une réelle responsabilité dans la diffusion des fake news, tout en étant malheureusement incontournables dans une stratégie de communication — que ce soit pour un collectif citoyen ou pour la municipalité.
La responsabilité des élus
Être élu, c’est avant tout prendre des responsabilités :
Celle de garantir la démocratie,
Celle de se mettre au service des citoyennes et citoyens,
Celle de soutenir les associations locales,
Celle d’informer en toute transparence, et non simplement pour se gargariser d’actions ou apparaître en photo dans le magazine local.
La justice : premier contre-pouvoir
Je ne citerai ici que très rapidement la justice, qui par construction est le premier contre-pouvoir.
Nous devons aspirer à la plus grande séparation entre politique et justice, et exiger qu’on nous épargne ces commentaires honteux de politiciens critiquant les décisions de justice quand elles s’appliquent à eux.
👉 Le citoyen a le droit d’attendre de l’exemplarité de la part de ses élus.
La politique, au sens noble
Pour finir, martelons que la politique n’est pas une affaire de politiciens.
La politique au sens noble, non partisane, c’est la quête du vivre ensemble.
Une association sportive fait de la politique.
Un café associatif fait de la politique.
Une association de quartier fait de la politique.
Un citoyen qui alerte sur l’insécurité ou sur l’état des routes fait de la politique.
Tous ces contre-pouvoirs garantissent que le chemin que nous empruntons ne laisse personne sur le bord de la route.
Nous, citoyennes et citoyens, sommes toutes et tous concernés.